Les techniques d’évolution de la masse salariale

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L’impact de la rémunération sur la masse salariale

Une des qualités du système de rémunération est son impact limité sur la masse salariale et sa conformité avec les possibilités de trésorerie à court terme et les ressources à long terme. Pour limiter la progression de la masse salariale, on doit en maîtriser les techniques de projection afin de calculer les différents effets qu’engendrent la politique de rémunération sur les exercices à venir.

Il faut rappeler ce que sont ces effets et à quoi ils correspondent. Pour leur compréhension on précise ici que l’année en cours, aussi appelée année de référence, est l’année A et que l’année suivante, dite année de projection, est l’année B. La masse salariale de base, celle de l’année A, se définit comme la somme de tous les éléments de rémunération récurrents, incluant salaire de base et primes fixes des salariés en CDI.

 

L’effet de masse

Il représente le coût des augmentations générales décidées pour l’année B rapporté à la masse salariale de l’année A de référence. Autrement dit, c’est le taux d’augmentation de la masse salariale de l’année B par rapport à celle de l’année A, dû aux augmentations générales prévues sur B.

La formule de l’effet de masse est la suivante :

Effet de masse = Masse salariale de l’année B
                                       Masse salariale de l’année A

Pour simuler l’impact des augmentations générales à partir d’hypothèses exprimées en pourcentage, pas besoin d’un progiciel spécialement dédié à la masse salariale, car le principe de calcul s’intègre aisément dans les fonctions d’un tableur. En effet, si on ramène la masse salariale de base à une base 100, il suffit de saisir le pourcentage des augmentations prévues tout au long de l’année selon le modèle ci-après :

 

Matrice de calcul de l’effet de masse

Mois

Augmentation en %

Base 100 Décembre A

Pondération

ANN

E

E

 

B

Janvier

100

1

Février

0,80

100,8

1

Mars

100,8

1

Avril

100,8

1

Mai

100,8

1

Juin

100,8

1

Juillet

100,8

1

Août

100,8

1

Septembre

100,8

1

Octobre

100,8

1

Novembre

0,70

101,5056

1

Décembre

101,5056

2

Annuel

1 311,01

13

Dans l’exemple qui est présenté, les augmentations générales prévues sur l’année B sont de 0,80% en février et de 0,70% en novembre.

Au 1er janvier de l’année B, la base de départ est de 100.

Comme les pourcentages d’augmentation sont progressifs, l’application de 0,70% en novembre sur une base de 100,8, ne fait pas 101,5 mais bien 101,5056.

Le chiffre qui figure dans la colonne pondération correspond au nombre de fois où le salaire du mois est compté : de janvier à novembre, chaque mois vaut 1, alors qu’en décembre il vaut 2 car l’entreprise verse un treizième mois.

Il suffit d’additionner les « bases 100 » des 13 mois de paie et de diviser le total obtenu par 13 pour obtenir l’effet de masse exprimé en base 100.

 

Effet masse exprimé en base 100 = 1 311,01 /13 = 100,8469 ce qui donne :

Effet de masse de 0,847%


L’effet de niveau

L’impact des augmentations générales se mesure également en niveau, au mois de décembre de l’année simulée, l’année B, par rapport au mois de décembre de l’année A. Autrement dit l’effet niveau est le pourcentage d’évolution de la rémunération instantanée entre deux dates données, décembre B par rapport à décembre A.

L’effet de niveau appliqué à l’exemple précédent est de 1,5056 %.

 

Viens ensuite la prise en compte des effets du temps sur la masse salariale qui se manifeste par l’effet conjugué des augmentations individuelles au mérite et du déclenchement d’une prime d’ancienneté. La date d’entrée dans la société ou la date d’ancienneté est l’élément déclencheur du processus qui va impacter le calcul de la paie mensuelle, en majorant le salaire de base du pourcentage d’ancienneté ou d’un montant forfaitaire, et le total de la masse salariale globale dont la part de l’ancienneté rapportée à la masse salariale de base dégage l’effet d’ancienneté.

 

L’effet d’ancienneté

C’est l’augmentation de la masse salariale de B par rapport à A qui correspond aux majorations automatiques, du salaire ou de la prime d’ancienneté, dues au passage du temps.

La formule de calcul va dépendre des dispositions conventionnelles, lorsque celles-ci existent, qui président à l’attribution de ces majorations. On connaît bien le principe de la prime d’ancienneté, prévue par de nombreuses conventions collectives, calculée en pourcentage du salaire de base à raison d’un pourcentage par année qui évolue avec l’ancienneté.

 

L’effet de report

Il correspond à la prise en compte sur une année complète des augmentations, décidées dans le courant de l’année précédente. L’effet de report représente donc une augmentation de la masse salariale à effectif constant entre A et B avant même de simuler l’augmentation d’un paramètre sur B.

La formule de l’effet de report est la suivante :

Effet de report = Masse salariale plancher de C
                                        Masse salariale de l’année B


L’effet de noria

Il mesure, en année B, l’économie que représente le remplacement d’un salarié ayant une certaine ancienneté par un autre salarié dépourvu de ces attributs de salaire. Il se calcule par différence entre le salaire des entrants et celui des sortants le tout rapporté en pourcentage à la masse salariale de l’année A de référence.

L’analyse du taux de noria donne la double mesure d’une économie réalisée à court terme sur la masse salariale de l’année de projection B et du renouvellement, sur un plus long terme, des ressources humaines à gérer. La formule de l’effet de noria est la suivante :

Effet de noria = Salaire des entrants – Salaire des sortants
                              Masse salariale de l’année A

 

L’effet d’effectif

Lorsque les effectifs varient en fonction de la politique de l’emploi, ils entraînent une conséquence financière mesurée sur la masse salariale qui est l’effet d’effectif. Il résulte du coût salarial du nombre de postes créés dans l’année de projection B minoré du coût salarial des postes supprimés dans la même période. On a l’habitude d’exprimer ce coût en rapport avec la masse salariale totale de l’année A de référence.

 

L’effet de changement d’horaire

Il mesure les variations d’horaire visant à une meilleure adéquation des ressources avec la charge de travail. Cette augmentation de la masse ainsi constatée en année B sera sans effet report sur l’année suivante.

 

L’effet de structure

Il mesure les conséquences sur la masse salariale des changements de catégorie professionnelle, c’est à dire l’augmentation de salaire qui accompagne la promotion concernée. L’effet de structure résulte de toutes les modifications dans la composition de l’effectif salarié, il mesure ce que l’on appelle aussi dans l’entreprise « la mobilité verticale ».

 

L’effet des contrats temporaires

Il mesure le coût de ce qu’on a coutume d’appeler aujourd’hui la flexibilité de l’emploi. L’effet des contrats temporaires mesure le coût complet, salaire, indemnité de fin de contrat, indemnité de congés payés et charges patronales, des contrats à durée déterminée recrutés dans l’année B. Il s’impute sur le compte comptable 64 qui représente les « frais de personnel » et dans lequel les salaires des CDD sont confondus avec ceux des CDI.

L’effet de contrats temporaires est d’autant plus important ces dernières années que les effets des périodes de crise puis de reprise économique ont rendu les entreprises très prudentes en matière de recrutement à durée indéterminée. Les offres d’emploi de Pôle emploi sont l’exact reflet de ce constat puisque les deux tiers des postes proposés aux 4 millions de chômeurs inscrits sont des contrats temporaires.

 

Fiche synthèse

Les facteurs d’équilibre d’un système de rémunération

1- Vérifier la cohérence avec la stratégie globale de l’entreprise

2-Assurer la compétitivité externe

3-Assurer l’équité interne

4-Contrôler l’évolution de la masse salariale